vendredi 18 juillet 2014

[...dreams do come true in New Orleans...]


J'avais interrompu mon récit à mon arrivée à la Nouvelle-Orléans...

Il vous faut savoir que toute la connaissance préalable que j'avais de la Nouvelle-Orléans provenait du dessin animé Disney "La Princesse et la Grenouille", donc mes attentes étaient : aller dans un bayou, manger des beignets et du gumbo, voir des trucs vaudous.



Le dimanche j'ai pris le trolley pour aller jusqu'à mon auberge de jeunesse, me suis tranquillement installée, puis ai marché jusqu'au centre-ville.



Je n'ai pas fait énormément de choses ce jour-là : ma copine Isabella me rejoignait le lendemain, alors je ne voulais pas trop commencer sans elle.
Je suis allé à l'office de tourisme faire le plein de prospectus de trucs qu'on pourrait faire ensemble, et ai fait un bon tour du quartier français et de ses boutiques.












L'architecture du Quartier Français est magnifique : partout des maisons multicolores avec des balcons couverts de plantes vertes














































Le lendemain matin, je suis allé me balader le long du Bayou Saint John.





















C'était hyper joli, et y'avait des libellules partout









































 Isabella est arrivée vers 13h, et ensemble nous avons pris le trolley pour aller dans le centre-ville


























Impossible de visiter la Nouvelle-Orléans sans goûter aux célèbres beignets et café au lait.



Et nous avons décidé de commencer par ça. Il faisait vraiment trop chaud pour le café donc nous nous sommes repliées sur de la limonade. N'oubliez pas qu'aux USA la "limonade" n'est pas le soda gazeux que l'on a en France, mais de la citronnade.
et dans le sud des USA, ils en boivent des litres et des litres parce qu'il fait tellement CHAUD.

Il fait très chaud et très humide, tout le monde dégouline, c'est charmant. Du coup ton corps se met complètement au ralenti : impossible de te faire une journée touristique efficace où tu enchaînerais les visites au pas de course...tout est plus lent, plus lourd, tu t’arrêtes tout le temps pour aller boire quelque chose.





























Ça vous rappelle quelque chose ?








 Nous nous sommes ensuite longuement baladées dans le quartier français


























 Nous sommes ensuite arrivées au French Market, un marché couvert













Nous avons alors décidé de tester la saucisse d'alligator et la limonade à la fraise. Oui cette combo est étrange, mais bon, hein, voilà.






 Hot-dog d'alligator. C'est bon, mais c'est épicé un peu. Les serveurs se foutaient ouvertement de notre gueule parce qu'on trouvait ça trop épicé.









 Après ça nous avons repris notre exploration du French Quarter en attendant notre visite guidée du soir












le cowboy-sirène ? vraiment ? ô pourquoi, Amérique, pourquoi ?







Nous avions réservé une visite guidée "magie" pour le soir, espérant que ça serait très axé vaudou,



mais le guide nous a surtout parlé de fantômes et d'apparitions, et même de vampires qui vivraient dans les combles du couvent des Ursulines.





Le guide n'arrêtait pas de nous inviter à prendre des photos avec le flash "pour que pour les ectoplasmes renvoient la lumière". ouep.
Et y'avaient des gens dans le groupe qui avaient l'air à fond dedans, ils mitraillaient de flash partout autour d'eux et zoomaient sur les photos pour détecter une tâche de lumière ou autre type de preuve irréfutable.
Et moi qui ait vu tous les épisodes de Supernatural, ça me faisait drôlement rire.















Inutile de préciser que nous avons parfaitement trouvé le sommeil.








Le lendemain, nous avions réservé un tour en bateau à vapeur pour 14h, alors nous avons pris notre temps, et dormi tard.








Si la balade en elle-même était sympa -et que le vent permettait enfin d'avoir une température supportable- nous avons été un peu déçues : nous nous attendions à ce que les rives du Mississipi soient belles et sauvages et naturelles..et pas du tout, en tout cas pas sur la partie qu'on a vue : c'était très industrialisé.



























Après le tour en bateau sur la rivière Mississipi,  nous sommes retournées nous balader dans le quartier français, 1) parce qu'il n'y a que ça à faire à la Nouvelle Orléans, et 2) parce qu'on ne s'en lasse pas vraiment





















"hum..un beignet....ou bien tout l'assiette ?"


















A la Nouvelle-Orléans, ils ont un sérieux problème avec les épices. Sans déconner.







Des bonbons au Tabasco, du chocolat au Tabasco, des sucettes au Tabasco...il sont fous ces Orléanais









"sauce piquante de l'Enfer". juste ce qu'il me faut
















la musique purifie l'âme et nourrie la vie











Pour le dîner, nous avons partagé un ragoût de tortue au French Market.
 










 La viande en elle-même était bonne, on aurait dit du boeuf, mais la sauce était étrange, au citron et aux épices.







Après un frozen yogourt pour nous rafraîchir et faire passer le ragoût, nous sommes rentrées à l'auberge de jeunesse car le lendemain il faudrait se lever tôt !







Le mercredi matin, nous sommes allé faire un tour du marécage.



Comme dans Disney ils chantent "à travers le Bayou, à travers le Bayou", moi je voulais absolument voir un bayou, donc je me suis renseignée sur la différence entre "swamp" (marécage), et bayou :

marécage : type de formation paysagère au relief peu accidenté où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une couche d'eau stagnante, en général peu profonde, et couverte de végétation.

bayou : étendue d'eau formée par les anciens bras et méandres du Mississippi. Les bayous s'étendent sur tout le sud de l'État louisianais, formant un réseau navigable de milliers de kilomètres de boyaux.

Donc en fait, les bayous c'est ce sur quoi on navigue pour explorer les marécages.
 Par extension, on appelle le Bayou la grande région marécageuse du sud de la Louisiane.


Voilà, vous vous coucherez moins bêtes ce soir.










































































Après un rapide lunch en ville (des burgers pas très bons), nous sommes allé dans une boutique vaudou qui organise des "visites guidées" gratuitement tous les jours à 15h. Le magasin est minuscule donc c'est un grand mot de parler de "visite", mais il nous a expliqué sa croyance et les rituels, etc..












Le vaudou de Louisiane vient d'Afrique, via les esclaves africains qui étaient nombreux dans la région, puisque c'est une région de plantations.








La création et le port de charmes et d'amulettes pour la protection, la guérison ou la nuisance à autrui était un aspect clé du vaudou de Louisiane.

Les colons imposant la chrétienté à leurs esclaves, les religions se sont mélangées, créant le vaudou de Louisiane, dans lequel se côtoient le concept du Dieu unique, et celui des esprits.


 En raison de la fusion de la culture francophone et du vaudou, la plupart des esprits vaudous se sont trouvés associés aux saints chrétiens qui se chargent du même "domaine".
Les saints aussi bien que les esprits sont considérés comme des médiateurs avec Dieu, et les pratiquants récitent leurs "je vous salue Marie" et leurs "Notre père"...tout en mettant des bougies sur un autel avec des statues vaudous


 Contrairement à la croyance populaire, les poupées Vaudou sont utilisées pour guérir, pas pour maudire, quelqu'un.
Le principe de planter des aiguilles dans le corps de la poupée n'est pas pour faire du mal dans la zone touchée, mais pour épingler une personne sur le corps de la poupée, qui représente un esprit, afin de signifier à l'esprit correspondant la zone à soigner.









L'objectif principaldu vaudou de Louisiane est de servir les autres et d'influencer le cours des événements grâce à la connexion avec la nature, les esprits, et les ancêtres.
Les rituels se déroulent principalement derrière des portes closes, parce qu'une cérémonie pompeuse serait considérée irrespectueuse envers les esprits -d'ailleurs toutes ces photos proviennent de magasins pour touristes, les vraies officines vaudou refusant toutes les photos-.

Les pratiques vaudou incluent des bains spirituels, des régimes précis, des prières et des cérémonies personnelles. Elles sont utilisées pour soigner l'angoisse, les addictions, la dépression, la solitude, etc. Elles ont aussi pour but d'aider les affamés, les pauvres et les malades.















On a également vu des magasin de sorcellerie, qui, encore une fois, paraissaient sortir droit d'un épisode de Supernatural


poussière de Zombie

















Nous sommes ensuite allées au Louis Armstrong Park et nous balader en ville....




































































....avant d'aller enfin tenter le fameux Gumbo







 




Seafood Gumbo :

okra, oignon, poivrons, céleri et une pointe de tomates, sautés et mélangés avec des crevettes et du crabe en une épaisse soupe brune - servie avec du riz.





Southern Pecan Pie






















Nous avions rencontré deux mecs dans notre dortoir : Sean, un étudiant en droit de New York, et Youenn, un Texan d'origine Bretonne. Sans dec'. Le mec vient de Rennes.
 Bref, ils nous ont rejoins pour aller boire un verre dans Bourbon Street, la "Rue de la Soif" new-orléanaise







On a eu une discussion super intéressante : Le dimanche précédent, deux mecs bourrés s'étaient disputés dans Bourbon Street, et, comme le port d'armes est autorisé en Louisiane, avaient essayés de se tirer dessus, s'étaient mutuellement loupés...tuant 9 autres personnes.
Isabella et moi ça nous paraissait complètement débile qu'il y ait le droit d'avoir un flingue dans un bar, parce que évidemment mélanger alcool et armes à feu ça parait TELLEMENT une bonne idée, t'sais.





La dessus, Youenn nous répond qu'il a trop hâte d'avoir 21 ans pour pouvoir s'acheter son propre fusil. Incompréhension totale de notre part. Il explique qu'à Houston, Texas, où il vit, le taux de criminalité est super élevé, et que donc il a besoin d'avoir un fusil "pour se protéger".



Moi il me semble que si tout le monde a un gun, c'est obligé que le taux de criminalité soit élevé, m'enfin bon.
Il me raconte que son pote s'est fait carjacked, c'est à dire qu'il s'est fait voler sa voiture alors qu'il était à un feu rouge. Des mecs ont tenté de le carjacker une deuxième fois, mais cette fois, il a sorti son flingue et les mecs se sont barrés.
Pour Youenn, cette histoire est la preuve que les fusils sont indispensables pour se protéger.. j'ai beau lui argumenter que en Europe, ou même à New York, les armes à feu sont illégales....et comme de par hasard le taux de criminalité est bien plus bas qu'au Texas, il est persuadé que se déplacer avec un fusil sur soi est la solution.



Clairement c'est une autre culture. Une culture où des parents ont le droit d'armer leurs enfants, m'apprend Youenn.
WTF ?!
Aller au magasin acheter un revolver pour armer ton gamin ? ça, c'est de l'éducation.



J'ai beau expliquer à Youenn que lorsque n'importe qui ne peut pas juste entrer dans un magasin et acheter un gun aussi facilement que s'il achetait un sandwich, tout le monde est quand même vachement plus safe, mais je vois bien qu'il me prend pour une hippie en mode "peace and love, faites l'amour pas la guerre".




Je n'ai jamais autant ressenti le choc culturel. J'ai pris des bains communaux avec des Maoris sans tiquer, mais dans le sud des USA, je me heurte à un mur d'incompréhension.

Le débat est intéressant, mais Youenn contre chacun de nos arguments par "tu n'es pas du Sud, tu peux pas comprendre." Ca m'agace. Ca m'agace d'autant plus qu'il a peut-être raison. Peut-être bien que je ne peux pas comprendre. Peut-être bien que je suis une petite princesse privilégiée. Si j'avais grandi à Houston, peut-être bien que je me baladerais avec un revolver dans mon sac à main.
Et puis c'est pas comme si Rennes était un paradis non plus....en deux ans, quatre de mes potes s'y sont fait agresser.
Youenn me dit "ben tu vois, si tes potes avaient eu des flingues, ils auraient pu se défendre".
Oui. Ou alors les mecs en face auraient été armés eux aussi, et quelqu'un serait mort.
C'est sur que si j'avais un flingue, je me sentirai plus en sécurité de marcher seule la nuit...sauf que si moi j'ai le droit à un flingue, tous les gens autour de moi aussi, et franchement, je préfère mes chances à mains nues.

Sean nous rejoint, et il semble assez d'accord avec Youenn...il se met à nous parler des suspects avec lesquels il bosse en ce moment, les histoires qu'il raconte sur l'envers du système de justice américain sont horrifiantes. Bien imprégnées de racisme, en veux-tu, en voilà.
Isabella et moi sommes super choquées, non seulement pas les histoires que les mecs racontent, mais par leur attitude blasée. J'ai l'impression d'être une petite fille naïve.
Je n'ai jamais eu autant l'impression d'être privilégiée. Je ne peux pas vous dire à quel point je suis reconnaissante d'être européenne et d'avoir grandi dans une société où je ne suis pas habituée à la violence quotidienne et au fait que tout le monde ai un flingue dans son sac à main ou sa boite à gant.

Ensuite les cocktails font leur effet et la conversation prend un tour plus léger.





Le lendemain nous avons fait nos sacs et checked-out. Puis sommes allé faire un dernier tour en ville et manger un "Jumbalaya" et des beignets



Jumbalaya : Saucisse fumée,  crevette et poulet dans une sauce servie dans du riz



Beignets, fourrés à la pèche cette fois

















































Nous sommes rentrées à l'auberge de jeunesse, et s'en est suivi une tonne de péripéties à l'aéroport.

L'avion de Isabella devait partir le soir, le mien à 6h du mat'. Elle a donc pris un bus dans l'aprem', et devait être partie de l'éaroport quand moi j'arriverai avec le dernier bus de la journée.
Sauf que son vol a été annulé. Quand je suis arrivée, elle était toujours dans l'aéroport, passablement déprimée, et relativement affamée.  Sauf qu'il était plus de 21h, tout était fermé. On s'est fait livrer une grande pizza, on a mis un film sur mon pc, et on s'est organisé une soirée-pyjama dans l'aéroport, ranafout.



Lorsqu'à 4h j'ai enfin pu enregistrer mon bagage, on m'a informé que mon vol était repoussé à 9h.
Entre temps, Isabella avait obtenu une place sur un vol à 6h, elle est donc partie embarquer, et moi je suis restée seule à attendre plus longtemps.
Puis j'ai passé la douane, ai attendu devant une porte, il nous ont annoncé un re-délais jusqu'à 11h (l'heure à laquelle j'étais sensé atterrir), nous ont demandé de changer de porte et d'aller attendre ailleurs. bref.




A 11h j'embarque enfin, et on m'apprend que si l'avion va bien à New York, ça n'est pas le mien, et que le mien a déjà décollé. Où, quand, comment, je ne sais pas.





Heureusement ils ont une place en rab'. Je mets un film et m'endors à la moitié, me réveille une fois sur terre.

J'attends comme une débile au tourniquet à bagages avant de réaliser que si moi je m'étais planté d'avion, mon bagage lui devait sûrement être dans le bon....heureusement, mon sac m'attend sagement dans le bureau des monsieurs qui s'occupent des problèmes de bagages. ouf.
Nous sommes le 4 juillet, fête nationale, je devais atterrir le matin pour avoir le temps de rejoindre mes potes et de trouver un bon spot pour regarder les feux d'artifices, et de s'y faire un pique-nique, mais il est 16h, j'ai une heure de trajet pour rejoindre le centre ville, et en plus il pleut.

Du coup, j'ai rejoint David, Isaballa, Freddie et Sam dans Midtown, et nous nous sommes rabattus sur un bowling, puis des fléchettes dans un pub irlandais, avant que je ne me dirige vers Penn pour prendre mon train et rentrer à la maison



















...to be continued...

 Le titre [...dreams do come true in New Orleans...], vient de la chanson "Down in New Orleans" du dessin animé Disney "La princesse et la Grenouille", parce que j'ai les références culturelles d'une gamine de 8 ans. [x]

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