Hello ! Prêts pour la suite de mon roadtrip ?
Après onze heures de bus extrêmement inconfortables - le bus était plein à craquer, j'avais quelqu'un dans le siège à côté de moi donc mes sacs étaient à mes pieds et sur mes genoux, et la personne de devant moi avait incliné son siège sur moi, ce que je ne pouvais pas faire car la personne de derrière avait un bébé sur les genoux. Donc j'étais coincée dans un espace super restreint, contre la fenêtre, avec quelqu'un entre moi et le couloir....et je suis claustrophobe. En plus la clim' était à fond et malgré trois pulls, il faisait un froid glacial. je n'ai pas fermé l’œil, c'était horrible -, je suis arrivée à Memphis.
J'étais passé dans le Sud. Et on s'en rend compte très vite.
C'est une multitude petits détails, l'accent et l'attitude des gens, les bâtiments...la qualité de l'air...tout.
James était arrivé à Memphis deux jours plus tôt, j'ai donc pris le bus jusqu'à son hôtel où j'ai laissé mes bagages, et, ensemble, nous nous sommes dirigés vers le centre-ville. Il s'est mis à nous pleuvoir dessus en chemin, alors on s'est abrité dans un dîner pour un petit déjeuner
| Sun Studio où Elvis Presley, Ryan Lee Lewis, Johnny Cast, ect..., ont commencés |
Ensuite nous sommes allés au "Civil Rights Museum", le musée des Droits Civiques, situé dans le "Lorraine Motel", où Martin Luther King a été assassiné.
"C'est l"histoire d'un peuple, d'espoirs et de rêves, de difficultés et de changements. C'est une histoire américaine. Cette histoire et ce combat, qui ont débutés ils y a des siècles, continuent aujourd'hui - avec vous"
| esclavagisme tellement normalisé qu'un esclave est représenté sur la monnaie de l'époque |
| capuche du Klu Klux Klan pas du tout flippante |
| "nous voulons des locataires blancs dans notre communauté blanche" |
"Le Blues a émergé dans le Sud des USA. Il prend racine dans les chansons que chantaient les travailleurs dans les champs et dans la musique des églises noires.
Ses tons mélancoliques étaient, d'après B.B.King, "l'expression d'une rage de la honte et de l'humiliation".
Si le Jazz est la démocratie en action, s'écoulant librement, en forme et en expression, alors le Blues est l'expression d'un peuple à qui l'on refusait participation totale à la démocratie américaine. Le Blues donnait voix à tout le panel d'émotions que ressentaient quotidiennement les Afro-Americains, sur le plan personnel et politique."
| L'Année où ils ont marché : le Boycott des bus à Montgomery |
| statue de Rosa Park dans une reconstitution du bus |
| "Parce que tu es de couleur, on ne prendra pas ta commande" |
| "Je suis un homme" |
A la fin du musée, on peut voir la chambre 306, où MLK a passé la nuit avant d'être assassiné sur le balcon
C'était franchement un des meilleurs musées que j'ai jamais fait. Non seulement le thème est extrêmement intéressant, mais les expos sont très bien faites, interactives et variées. Superbe.
Après ça, nous sommes allés sur la rive de la rivière Mississipi. Et je ne pouvais pas m’empêcher de me rappeler le moment où, au collège, j'avais joué le personnage de Tom Sawyer avec le club de théâtre, et dans ma tête ça chantait "Tom Sawyer, c'est l'amériiiiiqueuuuu, le symbooooole de la libertééééé, il est né sur les bords du fleuve Mississipiiiiii" Car, oui, j'ai de la culture
Ensuite nous avons parcouru Beale Street, qui est LA rue de Memphis, celle où se jouent le rock et le blues, et où sont tous les bars. et les magasins de touristes.
| Ils font une légère fixette sur Elvis, à Memphis |
Comme il pleuvait pas mal, on s'abritait dans les magasins
Ensuite nous avons fait le Rock n' Soul Museum, le musée du Rock et de la Soul
instrument offert par June Carter-Cash à Elvis Presley.
| vinyl original de "I Walk the Line" de Johnny Cash. aaaaah |
| objets ayant appartenu à Ryan Lee Lewis |
| objets ayant appartenu à Johnny Cash |
| objets ayant appartenu à Elvis |
| costume ayant appartenu à Elvis |
| la musique Soul et le combat pour les Droits Civiques |
| "Memphis pleure MLK" |
| guitare de Elvis pendant la Seconde Guerre Mondiale |
Là encore, le musée était excellent. La partie sur l'évolution de la radio (première station avec des speakers noirs, première station avec des femmes, etc...) était très bien faite, et tout ce qui concerne le Sun Studio était excitant : je ne suis pas trop fan de la musique de Elvis, par contre j'adore Johnny Cash, donc c'était cool de voir là où il a commencé.
Après tout ça, nous sommes allé dîner dans un resto que James voulait absolument tester, spécialisé dans les ribs, des côtes de porc baignées de sauce barbecue, qui est apparemment super célèbre. La preuve, on a du attendre super longtemps pour avoir une table. Moi j'ai préféré opter pour une salade, mais d'après James, les ribs étaient délicieuses.
Nous sommes ensuite retournés à son hôtel...et là une pluie diluvienne s'est déchaînée sur nous, nous trempant jusqu'aux os. Une fois dans sa chambre d'hôtel, je me suis changée, ai refait mon sac puis suis partie prendre un bus pour qu'il m'emmène à la gare routière prendre mon Mégabus pour la Nouvelle-Orléans....sauf qu'il pleuvait tellement fort que le petit arrêt de bus ne protégeait rien, et en attendant le bus, je me suis fait retrempée des pieds à la tête.
Après j'ai dû attendre deux heures dans la gare routière, avant de pouvoir prendre mon Mégabus...
Il y a un truc choquant dans le Sud. Je l'ai remarqué à Memphis, je le ressentirai également fortement à la Nouvelle Orléans : le racisme est palpable. La ségrégation saute aux yeux. Ça en est hyper choquant après New York où tout le monde est relativement mélangé...
Il a des restos de blancs et des restos de blacks, et des bars de blancs et des bars de blacks, etc.
On dirait une sorte de co-habitation sans aucun mélange, c'est assez oppressant.
De manière générale, le Sud donne l'impression d'être resté coincé un siècle en arrière.
Racisme, Sexisme, Homophobie, le trio infernal.
Oh, et, apparemment, le bus, c'est un truc de black.
Je me fais pas mal dévisager, je ne comprends d'abord pas pourquoi, puis me rend finalement compte que je suis la seule blanche dans tout le bus, dans toute la gare routière, dans tout le Mégabus ; du coup je ne passe pas inaperçu, quelque chose auquel je ne suis pas habituée : que ça soit en France, en Irlande, en Nouvelle Zélande ou à New York, avec mes cheveux bruns, et ma taille et corpulence moyenne...j'attire très peu l'attention. Je suis tellement passe-partout que j'en suis pratiquement invisible. Là, tout le monde me remarque, on me dévisage, on se retourne sur mon passage.
Une autre différence entre le Sud et New York : à New York les gens se foutent mutuellement la paix. Si je suis assise quelque part en train de lire, personne ne va venir me parler.
Là, mon roman posé sur mes genoux ne décourage pas, et je me fais aborder constamment. C'est sûr que à côté de la culture chaleureuse du Sud, New York peut paraître froid et solitaire. Par contre, le Sud, c'est un peu intrusif des fois.
La multitude de drapeaux de pays différents cousus sur mon sac à dos interpelle, et je me fais souvent questionner sur le fait que je suis une fille qui voyage seule. Je ne vois pas en quoi mes organes génitaux jouent sur ma capacité à monter dans un avion ou un bus, alors j'ai très très envie de me lancer dans des discours féministes, mais j'ai pas dormi depuis 24 heures, alors je souris et j'acquiesce poliment. On me donne pas mal de numéros de téléphone, on me fait promettre d'appeler et d'aller boire un verre. Je n'ai pas le courage de refuser le numéro et de répondre honnêtement que " non merci je ne suis pas intéressée, je suis juste de passage" alors je mens et je promets.
Mais franchement, le prochain qui me dit que, parce que je suis une fille, je ne PEUX PAS voyager seule, je l'émascule.
Enfin mon bus arrive, je découvre avec ravissement qu'on est genre dix personnes dans un énorme bus à deux étages, alors j'étale mes affaires trempées sur les sièges autour de moi pour les faire sécher.
Je suis tellement crevée par la mauvaise nuit que j'ai passé la nuit d'avant que je dors pratiquement sans interruption tout le trajet...et me réveille le lendemain matin à la Nouvelle-Orléans sous un soleil de plomb...
...to be continued...




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